Reflets Magazine
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PIQURES DE RAPPEL HISTORIQUES

Retrouvez les portraits, faits marquant et parcours de :

Rosa Parks  - Samora Moisés Machel - Thomas Sankara

Rosa Parks 

Rosa Parks, Militante Américaine pour l'égalité des droits civiques

" Je voudrais que l'on se souvienne de moi comme d'une personne qui voulait être libre, pour que les autres le deviennent aussi."

Par Christiane Reveno, journaliste

Rosa Parks

Le 1er Décembre 1955 à Montgomery, aux États-Unis, aurait pu être un jour comme les autres dans cette Amérique minée par la ségrégation où noirs et blancs ne se mélangent pas conformément à la politique du « separate but equal »  (« séparés mais égaux ») en vigueur depuis l'arrêt Plessy de 1896.Homer Plessy, mulâtre de Louisiane, né libre , achète le 7 juin 1892, un billet de première classe, auprès de l'« East Louisiana Railroad ».La compagnie de chemins de fer avertie de son origine "raciale" engage un détective privé pour procéder à son arrestation dès qu'il prend place ,assis, dans le wagon réservé aux blancs. Il est jeté dehors sans ménagement. Plessy, soutenu par le Comité des Citoyens, s'engage dans une bataille juridique, d'abord devant la Cour de district considérant que la loi de 1890 viole le treizième et le quatorzième amendements, qui entérinent l'abolition de l'esclavage, et accorde la citoyenneté et une égale protection des droits à tous ceux qui sont nés sur le territoire des États-Unis .Le procès «  Plessy vs State of Louisiana » constitue la deuxième étape de la bataille judiciaire. Le juge Ferguson, déjà présent lors du premier procès, tranche en faveur de l'indépendance législative de l'état, et Plessy est débouté, condamné à une amende de 25$. Le Separate Car Act est ainsi jugé constitutionnel, à la condition qu'il ne s'applique que dans l'état de Louisiane.

Quatre ans après le funeste voyage d'Homer Plessy, en 1896, l'affaire est portée devant la Cour Suprême des Etats-Unis d'Amérique. Le 18 mai 1896, par sept voix contre une, l'un des juges étant absent en raison du décès de sa fille, la Cour Suprême rejette le recours de Plessy, et ne constate aucune violation de la loi par l'état de Louisiane. La mesure y est même présentée comme indispensable pour éviter les troubles à l'ordre public. Tout en réaffirmant le principe de l'égalité puisque les noirs, comme les blancs ont accès aux trains de la compagnie,

Le 1er décembre 1955 sera finalement tout sauf un jour ordinaire en raison du ras-le-bol d'une couturière noire de 42 ans qui allait décider, sans l'avoir préméditer, de briser le silence et de dire « NON ». Cette femme, qui embarque comme chaque matin à bord du bus l'amenant au travail va changer un détail à ses habitudes un détail perçu comme un crime de « lèse-majesté » dans le contexte ségrégationniste où les noirs ne sont pas des citoyens à part entière . Cette femme dénommée Rosa Louise McCauley Parks, et connu sous le nom de Rosa Parks tient tête au chauffeur du bus qui lui demande de se lever pour laisser sa place assise à un blanc, elle dit « NON ! ». Il la menace d’appeler les policiers, elle répond  : “Faites donc ! ”.

Après ces quelques mots, sa vie va basculer, plus rien ne sera jamais comme avant pour celle qui deviendra une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis .Elle confiera plus tard : “Je voyais passer le bus chaque jour. Mais pour moi, c'était comme ça. Nous n'avions d'autre choix que d'accepter ce qui était notre quotidien, un très cruel quotidien. Le bus fut un des premiers éléments par lesquels je réalisais qu'il y avait un monde pour les Noirs et un monde pour les Blancs ”. Ce 1er décembre 1955, Rosa Parks est arrêtée et conduite au poste de police, comme une vulgaire criminelle qui a osé vouloir être traitée comme une citoyenne, au même titre que les blancs. Qu'à cela ne tienne, elle vient de semer la graine de la révolte qui germe à vue .Ed Nixon, responsable du bureau local de la National association for the advancement of colored people, où Rosa Parks travaille comme secrétaire, prend contact avec l'avocat Clifford Durr et l'a font libérer. Elle devient le symbole du collectif « Montgomery Improvement association» animé par le pasteur Martin Luther King qui lance le boycott de la compagnie d’autobus. Les dirigeants du mouvement noir font appel auprès de la cour fédérale de l'Alabama afin de clamer le caractère inconstitutionnel de la ségrégation raciale dans les transports publics. Ils remportent une première victoire avec la condamnation de la ségrégation raciale dans les bus par la Cour suprême de l'Alabama, le 5 juin 1956.

La décision est confirmée le 5 décembre par la Cour Suprême des États-Unis. Le 20 décembre 1956, enfin assurés de leur victoire, les Noirs de Montgomery mettent fin à 381 jours de boycott. C'est le début d'une longue lutte non-violente pour l'intégration des Noirs dans la société américaine. Il faudra ensuite prendre son mal en patience durant neuf longues années de lutte pour qu’en 1964 une loi interdise finalement aux Etats-Unis toute forme de discrimination basée sur la race, la couleur, le sexe, la religion ou la nationalité.

Samora Moisés Machel 

Samora Moisés Machel, 1er Président du Mozambique (25 juin 1975 – 19 octobre 1986)

Par Christiane Reveno, journaliste

Samora Moisés Machel

Le 19 octobre 1986, un avion présidentiel s’écrase contre le flanc des montagnes Lebombo, près de Mbuzini, en Afrique du Sud. À son bord se trouvent quarante-quatre passagers, des hauts responsables dont des ministres, seuls dix survivent. La nouvelle se répand rapidement et prend une dimension internationale car parmi les victimes, figure le président mozambicain, Samora Moisés Machel, à peine reconnaissable, en raison de nombreuses blessures subies à la tête. D’entrée, de nombreuses questions se posent, alimentées notamment par les dix heures qui se sont écoulées avant que les responsables sud-africains daignent informer leurs homologues mozambicains. Que cache cette attente ? La thèse de l’accident est vite balayée d’un revers de la main par de nombreux observateurs d’autant que la police sud-africaine s’est rendue sur les lieux du crash depuis de longues heures. Les doutes sont nourris par la situation complexe qu’entretiennent les deux pays. Depuis l’accession au pouvoir de Samora Moisés Machel, le Mozambique abrite les bases arrières des mouvements de libération sud-africain et zimbabwéen, l’ANC et la Zanu. De leurs côtés, comme pour rendre la pareille à leur voisin, la Rhodésie (appellation du Zimbabwe jusqu’en 1980) et l’Afrique du Sud apportent un soutien financier et logistique à la Résistance nationale mozambicaine (Renamo), un mouvement armé en lutte contre le gouvernement mozambicain. En 1984, les accords de Nkotami signés par l’Afrique du Sud et le Mozambique prévoient la fin de cette guerre par pions téléguidés, mais l’encre est à peine séchée que les belles promesses s’envolent. Les signataires ne respectent pas les accords. C’est dans ce contexte que le président mozambicain prend l’avion pour la Zambie, en octobre 1986, pour évoquer la situation avec des homologues : les présidents zambien, angolais et zaïrois. Il ne rentrera jamais dans son pays car à son retour, son avion s’écrase. L’année suivante, la justice tranche. La commission Margo, qui porte le nom du juge sud-africain Cecil Margo en charge de l’enquête, rend son verdictet déclare que le crash est dû à une simple erreur de pilotage. Un regard sur les faits validé par l'International Civil Aviation Organization. Le rapport est en revanche rejeté par les gouvernements mozambicains et de l'URSS. Les soviétiques produisent leur propre rapport suggérant que l'avion a été délibérément détourné de son vol normal par la mise en place d'une balise radio, qui l’a trompé en usant de signaux erronés qui ont amené le pilote a adopté une altitude trop basse, provoquant le crash.. Ils se sont fondés sur le virage brutal à 37° de l’appareil vers la droite, alors qu’il se dirigeait droit sur Maputo. Les années passent et la veuve du président mozambicain, Graça Machel épouse le président de la nouvelle Afrique du Sud, post apartheid, Nelson Mandela. Cette même année 1998, comme un cadeau de mariage, la commission sud-africaine « Vérité et réconciliation » s’engage à rouvrir l’enquête sur les circonstances de la mort de son premier mari. Mais les années passent sans que l’on joigne l’acte à la parole jusqu’en 2003, quand un journaliste, spécialiste du sujet, reçoit une lettre d’un détenu de la prison de Pretoria, Hans Louw, ancien des Forces spéciales sud-africaines et du Bureau de coopération civile, le service visible de ce qui était en réalité les services de renseignements sud-africains. Condamné à vingt-huit ans de prison pour meurtre, il raconte que : « La cible était clairement identifiée: l’avion de Samora Moisés Machel ».

 

Une fausse balise avait été placée pour conduire le pilote à croire qu’il était au Mozambique, alors qu’il était en réalité à Mbuzini et qu’il descendait. Une thèse confirmée par des équipiers du condamné mais réfutée par les anciens responsables sud-africains.

Faute de preuves suffisantes pour identifier les commanditaires et étayer une nouvelle thèse à porter devant la justice, la mort de Samora Moisés Machel qui avait pris place à bord de son avion présidentiel, un Tupolev, piloté par des militaires russes, reste officiellement le fruit d’une erreur de pilotage. Le premier président de la République du Mozambique, fils de paysans, Infirmier de formation, qui a gravi les échelons pas à pas au sein du Front de Libération du Mozambique au début des années 1960 pour s'opposer à l'occupation portugaise, voulait faire de l'école une base du pouvoir populaire.

Thomas Sankara

Thomas Sankara, 5e chef d'Etat du Burkina Faso (4 août 1983 – 15 octobre 1987)

Par Christiane Reveno, journaliste

Thomas Sankara

Le 3 Septembre 1986 dans la capitale du Zimbabwe, Harare, Thomas Sankara prend la parole au huitième sommet du Mouvement des pays non-alignés formé autour de vingt-neuf Etats, indépendants ou aspirant à l’être à l’issue de la conférence afro-asiatique de Bandung sur l'île de Java en avril 1955 pour prôner l’ égalité entre les peuples ,et, faire front commun contre le capitalisme et l’impérialisme économique de l'Occident.  

« Mesdames,

 Messieurs,

 Camarades :

Le Burkina Faso est un petit pays enclavé de l’Ouest africain. Membre du Mouvement des non-alignés, le Burkina s’y maintient parce qu’il y voit son intérêt et parce que les principes du mouvement sont conformes à sa foi révolutionnaire. Mon pays, le Burkina Faso, est venu à Harare pour chercher des solutions à ces problèmes de sécurité, de paix, de bon voisinage, de coopération économique, de dette extérieure et enfin, pour espérer échapper à l’humiliation des petits par les grands, au mépris de la sagesse des nations qui refusent que la force prime le droit. Le Mouvement des non-alignés peut-il m’aider en cela dès aujourd’hui, ou faudra-t-il encore attendre vingt-cinq ans ? Le Burkina Faso est un pays qui refuse de continuer d’être classé pauvre parmi les plus pauvres. Un des obstacles au développement de mon pays est cette fameuse question de la dette extérieure. Mon pays sait que cette dette lui a été conseillée, imposée dans un piège infernal par ceux qui, aujourd’hui, à notre égard, sont d’une intransigeance et d’un cynisme que seuls leurs portefeuilles comprennent. Le Burkina Faso sait que la dette extérieure est un cercle vicieux dans lequel on veut l’enfermer : s’endetter pour payer ses dettes et s’endetter encore. Pourtant le Burkina Faso veut en finir avec cette situation. Cependant il sait que seul, il n’y pourra rien, ou presque rien. Il lui faut au moins quinze autres pays pour qu’ensemble nous résistions victorieusement.

Le Mouvement des non-alignés compte plus de cent membres ! Lorsque les pauvres se seront mobilisés, à l’instar de l’OPEP (L'Organisation des pays exportateurs de pétrole), ils imposeront aux riches leur loi. On peut être sûr que ce ne sera qu’une loi de justice. Alors, l’économie mondiale se réorganisera d’elle-même. Il y a vingt-cinq ans que nous parlons d’un Nouvel ordre économique international. Allons-nous attendre encore vingt-cinq ans de vaines supplications ?

Désarmement, paix et développement sont des notions intimement liées pour les non-alignés. On ne peut vouloir sincèrement l’un, sans lutter pour les autres.

Le développement ayant comme préalable la fin de la famine, de l’ignorance et de la maladie. C’est en cela que nous souhaitons que la Journée mondiale de l’alphabétisation, célébrée le 8 septembre de chaque année, soit une occasion de profondes réflexions pour tous les membres sincères du Mouvement. L’analphabétisme doit figurer parmi les maux à éliminer au plus tôt de la surface de notre planète, afin de favoriser l’avènement de lendemains meilleurs pour nos peuples. C’est en cela que l’action de l’UNESCO est et restera irremplaçable.

Ce sont les faiblesses objectives du Mouvement qui expliquent notre incapacité à nous en tenir aux principes, et qui provoquent notre instabilité liée au rapport de forces international du moment et aux pressions réelles des puissances impérialistes qui téléguident les positions d’Etats théoriquement indépendants et non-alignés. Ce sont ces faiblesses qui font que le choix d’un pays pour abriter le neuvième Sommet est un cauchemar pour ceux qui rejettent le non-alignement et s’alignent derrière les puissances qui minent les eaux territoriales des autres, bombardent des villes, envahissent les territoires d’autrui, imposent des régimes politiques et destituent d’autres, financent des mouvements créés, organisés et encadrés par eux, parce qu’ils sont simplement les plus forts.

Le Burkina Faso aurait pu être candidat pour abriter notre neuvième Sommet. Ce n’est pas la préoccupation du manque d’infrastructure d’accueil qui nous retient. Ce n’est pas non plus la règle non écrite de l’alternance des continents qui s’impose à nous. C’est tout simplement parce que nous pensons qu’il existe un peuple qui souffre plus que le nôtre et qui mérite de ce fait, plus que nous, d’abriter ce Sommet : le Nicaragua, plus qu’aucun autre pays aujourd’hui, connaît le prix du non alignement. Il paie quotidiennement ses courageuses options par le sang et la sueur.

Si la Conférence des non-alignés apporte quelque chose à la préparation de la victoire du pays qui l’accueille, alors, nul doute que nous nous rendrons à Managua pour soutenir le Nicaragua, le réconforter dans sa lutte et lui permettre de garantir défectueusement à ses agriculteurs de travaux agricoles paisibles, à ses enfants d’aller en classe sans la hantise des attaques contre-révolutionnaires, à tous ses habitants de passer de nuits paisibles.

Le Mouvement des non-alignés doit survivre, gagner. Des milliers d’hommes et de femmes lui vouent leur espoir, des générations de jeunes du Tiers Monde ont vu naître le Mouvement des non-alignés dans l’euphorie et la passion. Ils ne se sont découragés que plus tard. Faisons en sorte que les générations à venir qui connaissent moins notre Mouvement le découvrent par les victoires qu’il va amonceler !

La patrie ou la mort, nous vaincrons ! Je vous remercie.

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